Bague La Cérès en argent posée sur des épis de blé doré, hommage à Cérès déesse des moissons, Moneta Créations

La Pièce 2 Francs Cérès : Histoire et Signification

Bague La Cérès en argent posée sur des épis de blé doré, hommage à Cérès déesse des moissons, Moneta Créations

La pièce 2 Francs Cérès est l’une de ces monnaies d’argent qui racontent, à elles seules, tout un pan de l’histoire de France. Frappée d’abord sous la Deuxième République, puis sous la Troisième, elle porte le visage d’une déesse antique, Cérès, gardienne des moissons et de l’abondance. Pendant près d’un demi-siècle, elle a circulé de main en main, dans les fermes et sur les marchés, avant de disparaître peu à peu de nos poches.

Dans notre atelier de Broons, en Bretagne, nous façonnons à la main des bagues à partir de ces véritables pièces anciennes. Avant de transformer la 2 Francs Cérès en bijou, prenons le temps de la regarder de près : qui est cette déesse couronnée d’épis, d’où vient cette monnaie, comment la reconnaître et que vaut-elle aujourd’hui.

En bref : la pièce 2 Francs Cérès en un coup d’œil

Élément Détail
Nom de la pièce 2 Francs Cérès
Périodes de frappe Deuxième République (1849-1851) et Troisième République (1870-1895)
Graveur Eugène-André Oudiné
Métal Argent (900‰ en 1849-1851, puis 835‰ à partir de 1870)
Poids et diamètre 10 grammes pour 27 mm
Avers La République sous les traits de Cérès, couronnée d’épis
Revers La valeur dans une couronne de chêne et de laurier, devise républicaine
Démonétisée En 1928

Qui est Cérès, la déesse des moissons ?

Cérès est, dans la mythologie romaine, la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. Les Grecs la vénéraient sous le nom de Déméter. Fille du dieu Saturne et de la déesse Ops, elle veille sur les récoltes, sur la terre nourricière et sur le cycle des saisons. Son nom nous est resté plus familier qu’on ne le croit : le mot « céréales » vient directement de Cérès.

La légende la plus célèbre qui lui est associée est celle de sa fille, Proserpine, enlevée par Pluton et emmenée aux Enfers. Folle de douleur, Cérès laisse la terre devenir stérile, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé : Proserpine reviendra auprès de sa mère une partie de l’année, et restera aux Enfers le reste du temps. Ainsi naissent, dit le mythe, le printemps et l’été qui reverdissent, puis l’automne et l’hiver qui endorment les champs. Cérès est donc la déesse qui fait pousser le blé et rythme les saisons.

On la reconnaît à ses attributs : une couronne d’épis de blé, une gerbe dans les bras, parfois une faucille ou une corne d’abondance débordant de fruits. Autant de symboles de prospérité, de paix et de fécondité qui expliquent pourquoi, des siècles plus tard, une jeune République allait choisir son image pour sa monnaie.

De la déesse antique à l’allégorie de la République

Sur la pièce, la figure couronnée d’épis n’est pas exactement la déesse Cérès elle-même. C’est la République française, représentée sous les traits de Cérès, qui lui emprunte ses attributs agricoles. Le choix n’a rien d’anodin. Là où l’Empire aimait les effigies impériales et les couronnes de lauriers du pouvoir, les républicains de 1848 ont préféré une image pacifique et populaire : la terre qui nourrit, le travail des champs, l’abondance partagée. Cérès incarne une France paysanne, généreuse et féconde, bien loin des symboles guerriers.

L’histoire de la pièce 2 Francs Cérès

L’histoire de cette monnaie se lit en trois temps, qui épousent les soubresauts politiques du XIXe siècle français.

1849-1851 : la naissance sous la Deuxième République

Après la révolution de février 1848, la jeune Deuxième République veut une monnaie à son image. Un concours est organisé, et c’est le graveur Eugène-André Oudiné qui l’emporte avec sa Cérès. La pièce de 2 Francs en argent à 900 millièmes est frappée de 1849 à 1851. Mais l’aventure tourne court : le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, met fin à la République. L’effigie de l’empereur remplace bientôt la déesse, et la Cérès disparaît de la circulation.

1870 : la renaissance dans la tourmente

Il faudra une défaite militaire pour la voir renaître. En septembre 1870, l’armée française est écrasée à Sedan, l’empereur capturé, et le Second Empire s’effondre. Le Gouvernement de Défense Nationale proclame la République et doit, dans l’urgence, prouver que la France tient encore debout. Par un décret du 7 octobre 1870, il fait ressortir la Cérès des cartons, symbole républicain tout trouvé.

Paris étant assiégé par les Prussiens, une partie de la frappe est transférée à Bordeaux. C’est pourquoi ces pièces portent, selon l’atelier, la lettre A pour Paris ou la lettre K pour Bordeaux. Ces premières émissions de 1870 et 1871, frappées en argent à 835 millièmes, comptent parmi les plus recherchées de la série.

1871-1895 : la Cérès de la Troisième République

Très vite, la devise républicaine fait son retour le long du revers : Liberté, Égalité, Fraternité. C’est cette version, dite « avec légende », qui sera frappée jusqu’en 1895, à près de seize millions d’exemplaires. La 2 Francs Cérès accompagne ainsi les débuts de la Troisième République, avant de céder la place, à la fin du siècle, à une autre grande figure de la monnaie française, la Semeuse.

La pièce restera dans les porte-monnaie bien après l’arrêt de sa frappe, jusqu’à sa démonétisation officielle en 1928, quand la France réforme son franc. Près de quatre-vingts ans après sa création, la déesse des moissons quitte enfin la circulation.

Pourquoi 835 millièmes et non 900 ?

Un détail intrigue souvent : pourquoi la Cérès de 1849 est-elle en argent à 900 millièmes, et celle de 1870 à 835 millièmes seulement ? La réponse tient à une réforme monétaire. Dans les années 1860, dans le cadre de l’Union latine qui harmonise les monnaies de plusieurs pays européens, la France abaisse le titre de ses petites pièces d’argent dites divisionnaires (2 francs, 1 franc, 50 et 20 centimes) à 835 millièmes, tandis que la grande pièce de 5 francs reste à 900 millièmes. Quand la Cérès renaît en 1870, elle suit donc cette nouvelle norme. Une pièce de 2 Francs Cérès de la Troisième République contient ainsi un peu plus de huit grammes d’argent pur.

Comment reconnaître une pièce 2 Francs Cérès

La 2 Francs Cérès se distingue au premier regard. Voici les détails à observer.

  • L’avers : la tête de la République sous les traits de Cérès, tournée vers la gauche, coiffée d’une couronne d’épis mêlés de feuilles. Tout autour, l’inscription RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, et sous le buste, la signature du graveur, E.A. OUDINÉ. F.
  • Le revers : la valeur faciale, 2 FRANCS, et le millésime au centre, entourés d’une couronne formée d’une branche de chêne et d’une branche de laurier nouées par un ruban. Sur les frappes à partir de 1870, la devise LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ court le long du bord.
  • La lettre d’atelier : un A pour Paris, un K pour Bordeaux, qui permet d’identifier le lieu de frappe.
  • La tranche : elle est cannelée, c’est-à-dire striée de fines rainures.

Côté technique, retenez ces trois chiffres : argent à 835 millièmes (900 pour la version de 1849-1851), 10 grammes sur la balance et 27 millimètres de diamètre. Des proportions modestes et élégantes, idéales pour devenir une bague fine.

Que vaut une pièce 2 Francs Cérès aujourd’hui ?

La valeur d’une 2 Francs Cérès dépend de trois facteurs : son millésime, son atelier et son état de conservation. La pièce contient un peu plus de huit grammes d’argent pur, ce qui lui donne déjà une valeur plancher liée au cours du métal. Pour un collectionneur, c’est surtout la rareté et l’état qui comptent.

Les millésimes les plus courants, comme 1887, 1894 ou 1895, restent abordables, de quelques euros en état usé à quelques dizaines d’euros pour un bel exemplaire. À l’inverse, certaines années sont nettement plus cotées : les premières frappes de 1870, celles de Bordeaux marquées d’un K, ou les rares pièces dites « flan bruni » de 1878 et 1889 atteignent des sommes bien supérieures. Ces chiffres sont donnés à titre indicatif : seul l’examen attentif d’une pièce, idéalement par un numismate, permet d’en estimer la valeur réelle.

De la pièce de monnaie à la bague : la Cérès de Moneta

Bague La Semeuse en argent posée sur des grains de blé et une pièce ancienne, symbole républicain des semailles, Moneta Créations

Chez Moneta Créations, nous offrons à ces pièces une seconde vie. La bague La Cérès en argent est façonnée à la main à partir d’une véritable 2 Francs Cérès de la Troisième République, en argent à 835 millièmes. Forgée sans soudure ni ajout de matière, elle conserve les reliefs d’origine de la monnaie, dont la couronne de chêne et de laurier et la devise républicaine. Fine et élégante, elle se porte aussi bien par les femmes que par les hommes, et compte parmi nos créations les mieux notées, avec une moyenne de 4,9 sur 5.

La Cérès dialogue naturellement avec ses monnaies sœurs. La déesse veille sur les moissons ; la bague La Semeuse en argent, née d’une pièce de 5 Francs Semeuse, célèbre quant à elle les semailles, ce geste du semeur qui jette la graine à la terre. La récolte et le semis, réunis au catalogue. Nous avons consacré un article entier à cette autre icône républicaine, l’histoire de la pièce 5 Francs Semeuse.

Pour celles et ceux qui aiment porter la devise française au doigt, la bague La Petite Fraternité, délicate et féminine, et la bague La Fraternité, plus massive et déclarative, prolongent ce bel héritage. La bague La Marianne pour femmes, elle, met à l’honneur l’autre grand visage de la République. Si la symbolique de ces emblèmes vous passionne, découvrez ce que représente Marianne, ou plongez dans la figure d’Hercule sur la monnaie française. Toutes ces créations se retrouvent dans notre collection de bagues françaises.

FAQ

Pourquoi une déesse romaine figure-t-elle sur une pièce française ?

Sur la 2 Francs Cérès, la figure couronnée d’épis n’est pas vraiment la déesse antique, mais la République française représentée sous les traits de Cérès. Les républicains de 1848 ont choisi cette image agricole et pacifique, symbole d’abondance et de terre nourricière, pour incarner leurs valeurs.

En quel métal est la pièce 2 Francs Cérès ?

Elle est en argent. La version de la Deuxième République (1849-1851) est en argent à 900 millièmes, tandis que celle de la Troisième République (1870-1895) est à 835 millièmes. Dans les deux cas, la pièce pèse 10 grammes pour un diamètre de 27 millimètres.

Quelle est la différence entre la 2 Francs Cérès et la Semeuse ?

Ce sont deux grandes figures républicaines de la monnaie française. Cérès, déesse des moissons, apparaît de 1849 à 1895. La Semeuse, créée par Oscar Roty, lui succède à la fin du XIXe siècle. L’une évoque la récolte, l’autre le geste des semailles.

La bague Cérès de Moneta est-elle faite d’une vraie pièce ?

Oui. Chaque bague La Cérès est façonnée à la main à partir d’une authentique pièce de 2 Francs Cérès en argent. Le travail se fait sans soudure ni ajout de matière, ce qui préserve les gravures d’origine de la monnaie. Chaque création est donc unique.

Le mot de la fin

La pièce 2 Francs Cérès, c’est la rencontre d’un mythe antique et d’une jeune République. Une déesse des moissons, choisie pour incarner la France paysanne et l’abondance, qui a traversé les révolutions, une guerre et près d’un siècle de circulation avant de quitter nos poches. Derrière ses huit grammes d’argent se cache toute une histoire de terre, de saisons et d’idéaux républicains.

Porter une bague Cérès, c’est garder à son doigt ce fragment d’Histoire, façonné à la main dans notre atelier breton. Chaque création est unique, livrée dans son écrin avec sa notice d’entretien. Pour trouver celle qui racontera votre histoire, découvrez notre Cérès et ses monnaies sœurs.

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