Histoire numismatique

La Pièce 100 Francs Marie Curie : Histoire et Valeur

Bague La Marie Curie en argent, forgée dans une pièce de 100 francs de 1984, Moneta Créations

Bague La Marie Curie en argent, forgée dans une pièce de 100 francs de 1984, Moneta Créations

En 1984, la France frappe une pièce de 100 francs à l'effigie de Marie Curie. Une seule année, près de quatre millions d'exemplaires, puis plus rien. La pièce 100 francs Marie Curie est de celles qu'on retrouve encore au fond d'un tiroir ou dans une boîte à biscuits héritée d'un grand-père, sans toujours savoir ce qu'elle vaut ni ce qu'elle raconte.

Nous en manipulons régulièrement à l'atelier, puisque c'est la monnaie dont naît l'une de nos créations. Voici ce qu'il faut en savoir : ce qu'elle commémore, ce que montre chaque face, combien elle vaut aujourd'hui, et comment reconnaître les nombreux faux qui circulent.

Une pièce frappée une seule année

La 100 francs Marie Curie appartient à la série des 100 francs commémoratives en argent, lancée par le décret du 24 août 1982. Chaque année ou presque, la Monnaie de Paris honore une figure ou un événement, sur un flan toujours identique.

Marie Curie ouvre la série des portraits en 1984. L'occasion n'est pas anodine : c'est le cinquantenaire de sa mort, survenue le 4 juillet 1934.

Année de frappe 1984, une seule année
Métal argent 900 millièmes
Poids 15 g, dont 13,5 g d'argent fin
Diamètre 31 mm
Épaisseur environ 2,1 mm
Tranche lisse
Graveur Raymond Corbin
Tirage courant environ 3 965 000 exemplaires

À ces frappes courantes s'ajoutent deux tirages confidentiels que les collectionneurs recherchent : 1 850 essais, et 100 000 belles épreuves dont une partie seulement a été commercialisée, le reste ayant été versé à la Banque de France et mis en circulation comme des pièces ordinaires.

Ce que montre chaque face

Le portrait occupe une face entière. Marie Curie de profil à droite, le col haut et travaillé, entourée de la légende « MARIE CURIE 1867 - 1934 ». La signature CORBIN court le long du buste.

L'autre face porte « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE », le millésime 1984, la valeur faciale « 100 F » et la devise. Au-dessus, deux couronnes mêlées, une de palme et une de laurier. Elles ne sont pas décoratives : elles célèbrent les deux prix Nobel de Marie Curie, et les mots PHYSIQUE et CHIMIE sont gravés pour qu'aucun doute ne subsiste.

Un détail amuse les numismates. Sur une monnaie française, la puissance émettrice occupe normalement l'avers. Ici, c'est le portrait qui prend cette place et la République qui passe de l'autre côté. La règle a été enfreinte pour cette émission, et les catalogues eux-mêmes ne s'accordent pas toujours sur laquelle des deux faces appeler avers.

Raymond Corbin, la main derrière le portrait

Raymond Corbin (1907-2002) est un sculpteur et médailleur français, grand prix de Rome, dont le travail se reconnaît à la sobriété du modelé. Son portrait de Marie Curie évite l'héroïsation : pas de regard vers l'horizon, pas de drapé, un visage de travail, marqué.

C'est aussi ce qui en fait une bonne pièce à transformer. Un relief franc mais peu profond supporte le cintrage sans que les traits se déforment, ce qui n'est pas le cas de toutes les monnaies. Nous en reparlons plus bas.

Ce que la pièce commémore vraiment

Marie Curie, née Maria Skłodowska à Varsovie en 1867, reste la seule personne à avoir reçu un prix Nobel dans deux disciplines scientifiques différentes : physique en 1903, avec Pierre Curie et Henri Becquerel, pour les travaux sur la radioactivité, puis chimie en 1911, pour la découverte du polonium et du radium.

Elle meurt en 1934 d'une anémie aplasique, très probablement causée par des années d'exposition aux rayonnements qu'elle étudiait sans protection. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui conservés dans des coffrets plombés.

En 1995, elle entre au Panthéon, première femme à y être admise pour ses propres mérites. Simone Veil l'y a rejointe en 2018, Joséphine Baker en 2021.

Combien vaut une 100 francs Marie Curie aujourd'hui

Deux valeurs coexistent, et elles ne disent pas la même chose.

La valeur métal. La pièce contient 13,5 g d'argent fin. Sa valeur de fonte suit donc mécaniquement le cours de l'argent, et constitue un plancher sous lequel une pièce ordinaire ne descend pas.

La valeur de collection. Elle dépend de l'état de conservation, et l'écart est net. En très beau, une pièce usée mais lisible se négocie autour de dix euros. En superbe, avec des reliefs francs, on monte vers vingt-cinq. En fleur de coin, sans aucune trace de circulation, cinquante et plus. Les essais, tirés à 1 850 exemplaires, dépassent largement ces montants.

Autrement dit : avec près de quatre millions d'exemplaires frappés, la 100 francs Marie Curie n'est pas une pièce rare. Ce qui se paie, c'est l'état.

Comment repérer un faux

Des contrefaçons circulent, sans grand intérêt de collection mais assez nombreuses pour qu'il faille les connaître. Deux vérifications suffisent le plus souvent :

  • Le poids. Une vraie pèse 15 g. Les faux sont presque toujours trop légers, et une balance de cuisine précise au gramme le voit déjà.
  • La tranche. Sur une pièce authentique, la tranche est lisse mais nettement carrée, à angles vifs. Sur les faux, elle est légèrement arrondie, comme molle.

Si vous hésitez sur une pièce héritée, un numismate professionnel tranche en quelques secondes.

Une pièce dans une série qu'on peut porter

La 100 francs Marie Curie n'est pas seule. Sur le même flan de 31 mm en argent 900, la Monnaie de Paris a décliné toute une galerie de figures et de symboles français entre 1982 et le passage à l'euro.

Tableau des pièces de 100 francs en argent frappées de 1982 à 1994, avec les cinq que Moneta Créations transforme en bagues

Cinq d'entre elles deviennent des bagues dans notre atelier, ce qui permet de choisir non pas un bijou, mais une figure : Marie Curie pour la science, Zola pour la plume et le J'accuse, Charlemagne, la Fraternité, et le Panthéon lui-même, dont nous avons raconté l'histoire dans un autre article.

De la pièce à la bague

Le procédé ne retire rien à la monnaie. La pièce n'est ni fondue, ni découpée, ni complétée. Elle est cintrée à froid, par passes successives, jusqu'à former un anneau. Le portrait de Corbin, la légende, le millésime et la tranche restent ceux de cette pièce précise.

C'est ce qui donne à notre bague La Marie Curie son caractère : le métal que vous portez est celui qui a été frappé en 1984, avec sa patine et ses micro-marques d'usage. Deux pièces du même millésime ne donnent jamais deux bagues identiques.

L'argent 900 millièmes joue ici en notre faveur. Assez tendre pour accepter le cintrage, assez dur pour tenir au porter quotidien, c'est le titre standard des monnaies françaises anciennes et nous lui avons consacré un article entier.

Cette création figure parmi nos bagues pour femmes, même si le diamètre de 31 mm de la pièce d'origine en fait un anneau qui se porte aussi très bien en bague d'homme, sur l'auriculaire ou l'annulaire.

Questions fréquentes

En quelle année la pièce 100 francs Marie Curie a-t-elle été frappée ?

En 1984 uniquement, pour le cinquantenaire de la mort de Marie Curie. Aucune autre année de frappe n'existe pour ce type. Une pièce Marie Curie portant un autre millésime est donc nécessairement une contrefaçon.

Quelle est la valeur d'une pièce 100 francs Marie Curie ?

Environ dix euros en très beau état, vingt-cinq en superbe, cinquante et plus en fleur de coin. Sa valeur métal, liée aux 13,5 g d'argent fin qu'elle contient, suit le cours de l'argent et constitue le plancher. Avec près de quatre millions d'exemplaires, c'est l'état de conservation qui fait le prix, pas la rareté.

La pièce 100 francs Marie Curie est-elle en argent massif ?

Oui, en argent 900 millièmes. Sur 15 g, 13,5 g sont de l'argent pur, le reste étant du cuivre, qui apporte la dureté nécessaire à une monnaie destinée à circuler.

Peut-on encore payer avec ?

Non. Ces pièces ont été retirées de la circulation au passage à l'euro, en 2002, puis démonétisées. Elles n'ont plus cours légal et ne valent donc plus leur valeur faciale, mais leur poids d'argent et leur intérêt de collection.

Qui a gravé la pièce 100 francs Marie Curie ?

Raymond Corbin (1907-2002), sculpteur et médailleur français, grand prix de Rome. Sa signature, CORBIN, est visible le long du buste sur la face au portrait.


Si l'idée de porter cette pièce plutôt que de la ranger vous parle, découvrez La Marie Curie, forgée à la main dans notre atelier de Broons, en Bretagne.